Nous vous conseillons la lecture de l’excellent rapport de la formatrice vannetaise Bénédicte LANFREY issu de son observation des salariés bretons qu’elle a pu accompagnés depuis 2 ans.

Quelques constats intéressants:

  • Adoption explosive : Le baromètre Bpifrance (janv. 2026) affiche un taux de 55% d’adoption de l’IA pour les TPE/PME fin 2025, une progression rapide mais largement déclarative; L’adoption est massive chez les moins de 35 ans. Les managers et dirigeants, souvent plus âgés, sont souvent moins utilisateurs que leurs équipes.
  • Le silence de la direction sur l’IA fabrique du shadow IA, de la frustration et retarde l’adoption; Les formations IA enrichissent davantage l’employabilité des salariés que les entreprises qui n’ont pas
  • posé le cadre. Les cadres contraignants (une seule IA obligatoire, ou sites grand publics interdits) fabriquent ASI du shadow IA.
  • Les salariés ne savent pas toujours identifier un document « stratégique » ou contenant des données personnelles. Ils injectent parfois, sans malveillance, des documents qui ne devraient pas sortir des entreprises (« un fichier client, c’est stratégique ? »). De plus en plus d’utilisateurs promptent sans injecter leurs idées, leur expertise ni leur point de vue. Reco : « Si tu sous-traites le fond à l’IA, tu es remplaçable demain par l’IA. »
  • Pour challenger des résultats qui paraissent bons et documentés. L’expertise et l’expérience sont décisifs. Les juniors sont pénalisés.
  • ROI pour l’entreprise? Le temps gagné est capté par son utilisateur. C’est un bonus personnel. Les gains de productivité restent invisibles pour les directions et inexistants à l’échelle de l’entreprise.
  • Management: L’IA favorise la culture du secret dans les équipes. Elle produit un travail à deux vitesses. Ceux qui tirent profit de l’IA et ceux qui utilisent mal ou pas. L’IA a tendance à agrandir les fractures qui existaient déjà : digitale, générationnelle, de genre.
  • La perte de compétence cognitive est déjà exprimée chez les utilisateurs intensifs de l’IA. Le risque de dépendance existe déjà. Quelles compétences les individus et les organisations veulent-elles conserver ? Rédiger – analyser – synthétiser … Si demain n’IA n’est plus disponible, ou trop chère pour des petites structures, l’entreprise perd-elle une partie de son capital humain ?
  • L’IA change le travail: « Avant je faisais, maintenant je vérifie« . Avec l’IA, on exécute moins, on pilote et on corrige davantage. C’est une autre énergie, d’autres compétences. L’identité professionnelle se construit souvent sur ce qu’on sait faire. . Les tâches changent et certains métiers n’ont plus les mêmes attraits. Les collaborateurs fiers de leurs « savoir faire » perdent beaucoup . L’IA ne détruit pas encore les emplois. Elle modifie, doucement mais sûrement, ce qui donnait du sens à beaucoup d’entre eux. (« je vais changer de métier »).
  • Femmes et IA: Les femmes utilisent autant l’IA que les hommes, mais autrement. Plus que les hommes, certaines attendent d’être formées et autorisées avant d’utiliser l’IA au travail. Elles perçoivent davantage les risques. Les hommes y vont facilement sans permission. Elles sont spontanément plus méfiantes de l’outil. les femmes sont souvent plus performantes avec l’IA : plus claires dans le besoin, plus précises dans le prompt (elles appliquent mieux les consignes de la formation, syndrome bonne élève ), plus rigoureuses dans la relecture et le fact-checking. Les femmes sont plus sensibles à la sécurité des données et aux impacts sociétaux de l’IA. Cette vigilance est un atout stratégique sous-estimé pour la qualité des usages. Les métiers de l’écriture et du langage, très féminisés, sont en première ligne de la concurrence avec les IA génératives. Les femmes se sentent davantage menacées par la concurrence de l’IA, surtout dans la communication et les fonctions d’assistance et administratives. Les femmes sont 3 fois plus exposées aux suppressions de postes liées à l’IA.
  • La menace sur l’emploi ? Une anxiété peu partagée. Les solopreneurs et petites agences de service et de création rencontrent des difficultés. Le marché est tendu mais certains de leurs clients disent qu’ils peuvent faire tout seuls, avec l’IA. Les salariés s’inquiètent beaucoup pour leurs enfants. Quels métiers feront-ils dans 5 ans ?

Résumé rapide:

Les agents IA sont partout dans les médias.
Et dans nos entreprises du territoire, que fait-on vraiment avec l’IA générative ?
La curiosité pour l’IA est là : 50% des salariés utilisent « chatGPT ». Pas les agents.
Les bénéfices de ces usages restent invisibles et individuels.
L’arrivée de l’IA générative n’est ni accompagnée, ni nourrie, ni transformée en
intelligence collective.
Salariés et dirigeants avancent souvent seuls face à une révolution qui change déjà
la manière de travailler et le marché.

TITRE : L’IA générative dans les TPE/PME : la compétence clandestine.
Le point de vue d’une formatrice.

CONTENU :
1 – L’IA générative est entrée par la porte de service
2 – Grandes curiosités, petits bricolages
3 – La productivité invisible
4 – Le travail augmenté augmente les tensions
5 – Femmes méfiantes, performantes et en première ligne
6 – Les angles morts de l’IA
7 – De la curiosité à l’intelligence collective : des propositions concrètes

SOURCE: Bénédict LANFREY. L’IA générative dans les TPE/PME: la compétence clandestine. Mars 2026. En ligne: https://www.linkedin.com/in/b%C3%A9n%C3%A9dicte-lanfrey-9bab181/


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