La dernière étude de la BANQUE DE FRANCE met en lumière un ressenti du marché. L’IA n’impacte pas encore les collaborateurs en place mais ralentit significativement le recrutement des profils juniors, en particulier dans l’informatique.
Premier enseignement: le métier d’ingénieur informatique fait partie des métiers moyennement exposés (indice 0.8 sur 1.5) avec un potentiel de 65% de ses tâches automatisables par l’IA.

Deuxième enseignement: le recrutement est un signal en amont des possibles répercussions sur l’emploi à terme. « Les recrutements peuvent réagir à une transformation technologique avant que ses effets sur l’emploi total ne deviennent visibles. Une entreprise qui anticipe une baisse de ses besoins de travail peut limiter les nouvelles embauches ou ne pas remplacer certains départs, sans licencier les salariés déjà en poste. Cette marge d’ajustement est particulièrement pertinente en France où la rupture d’un CDI est davantage encadrée que dans plusieurs autres pays » .
« l’écart apparaît nettement chez les 21-29 ans. En mars 2026, les embauches en CDI dans le quintile de métiers le plus exposé se situent environ 28 % sous leur niveau de novembre 2022, contre 8 % dans le quintile le moins exposé «
« Les fins de contrat évoluent dans le même sens, même si leur recul est moins marqué que celui des embauches. Chez les 21-29 ans, elles se situent environ 23 % sous leur niveau de novembre 2022 dans le quintile le plus exposé, contre 6 % dans le quintile le moins exposé. La baisse simultanée des entrées et des sorties correspond à une moindre rotation de la main-d’œuvre. Comme les embauches reculent davantage que les fins de contrat, le renouvellement des effectifs ralentit, surtout du côté des jeunes et dans les métiers les plus exposés. »

Troisième enseignement: Les recrutements de jeunes reculent davantage dans les entreprises qui qui déclarent un usage intensif de l’IA. Dans cette étude, sur 600 déclarent un usage intensif de l’IA début 2026. Ces dernières recrutaient déjà avant ChatGPT dans des métiers plus exposés, y compris à secteur donné. L’adoption de l’IA n’est donc pas répartie au hasard entre les entreprises et dépend en partie de la nature des emplois qu’elles mobilisaient auparavant.Au sein même des entreprises utilisatrices intensives, les recrutements diminuent également davantage dans les métiers les plus exposés
Quatrième enseignement: La diffusion de l’IA coïncide avec d’autres changements du marché du travail. Le recul des recrutements juniors dans les métiers exposés intervient toutefois dans une période où plusieurs forces ont touché les mêmes emplois .L’IA, le télétravail (qui aurait un effet négatif aussi sur le recrutement des juniors) et le cycle de l’emploi ne constituent donc pas nécessairement des explications concurrentes, puisqu’ils peuvent avoir affecté conjointement les mêmes entreprises et les mêmes tâches.
Source: IA générative : les premiers changements du marché du travail sur les jeunes/ Banque de France, 8 octobre 2026. En ligne: https://www.banque-france.fr/fr/publications-et-statistiques/publications/ia-generative-les-premiers-changements-du-marche-du-travail-sur-les-jeunes

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