A première vue, les jeunes développeurs/développeuses seraient les premières victimes de l’impact de l’IA sur le marché de l’emploi en France, nous explique LES ECHOS, qui explique que l’emploi dans les sociétés de programmation informatique, secteur où l’intelligence artificielle s’est le plus développée, recule pour la première fois depuis 2002.
Ce secteur, qui concentre environ 3 % des postes dans le privé, est celui où l’usage de l’intelligence artificielle s’y est le plus fortement répandu. Relation de cause à effet ou non, une étude de l’Insee publiée mardi constate que les effectifs baissent depuis deux ans, pour la première fois depuis l’explosion de la bulle Internet en 2002.
« Cette baisse de l’emploi concerne au premier chef les jeunes. Sauf que ce retournement ne vient pas de l’activité qui se porte plutôt bien », décrypte Dorian Roucher, le chef du département de la conjoncture de l’Insee. Plus de chiffre d’affaires avec moins de salariés correspond mécaniquement à plus de productivité, ajoute-t-il, un constat « que l’on retrouve aux Etats-Unis et qui coïncide avec le développement de l’intelligence artificielle ».
Peut-on attribuer cette évolution à la seule arrivée de l’IA générative ? Impossible, estime l’Insee, le marché du travail étant globalement atone. Qui plus est chaque nouvelle technologie d’envergure détruit, transforme mais aussi crée des métiers. A ce stade, « aucune transformation majeure des marchés du travail ou des industries n’a encore été observée ».
cette concomitance dans le secteur du logiciel interroge. « Plus précisément, les ajustements liés à l’IA pourraient, à court terme, se concentrer moins sur l’emploi total que sur la structure des embauches, en particulier sur les positions d’entrée dans certains métiers », avance l’Insee en pointant ce qui se passe aux Etats-Unis. Seraient ainsi touchés des métiers de support, administratif, de conseil, certaines tâches de développement et d’analyse. A l’autre bout du spectre, l’emploi des seniors demeure globalement stable ou continue de progresser.
En France, une analyse semblable fait ressortir qu’entre fin 2023 et fin 2025, l’emploi s’est contracté de 3 % dans l’information-communication, une baisse entièrement portée par les jeunes (hors alternants)
ces résultats semblent suggérer que l’ajustement de l’emploi vis-à-vis de l’IA se concrétise d’abord par un ralentissement des entrées et des recrutements sur les positions de début de carrière plutôt que par une contraction généralisée »
Source: Alain RUELLO: Les jeunes développeurs informatiques, premières victimes de l’essor de l’IA ?. LES ECHOS, 25 mars 2026, en ligne: https://www.lesechos.fr/economie-france/social/les-jeunes-developpeurs-informatiques-premieres-victimes-de-lessor-de-lia-2222827


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